Au-delà du goût, ces plats peuvent réveiller des souvenirs, renforcer les liens et apaiser l’esprit. Mais quand le réconfort devient réflexe, la comfort food peut aussi révéler sa face sombre. Voyage à la frontière entre les sens et les émotions.
« Quand on traverse des moments difficiles, on se tourne souvent vers des plats qui rappellent l’enfance et la famille », explique la psychologue Naila Baichoo. Grâce au travail des neurotransmetteurs – des messagers de notre système nerveux – ces goûts familiers apportent une sensation immédiate de sécurité et d’apaisement.
Le mine frit au poulet, c’est ce plat incontournable pour Michel Chui Chun Lam, consultant en communication. « C’est un plaisir occasionnel, surtout en période de rush. Avant même d’y goûter, le parfum fumé et la couleur des nouilles sautées disent s’il est réussi ou pas. Depuis tout petit, c’est un plat vers lequel je reviens toujours, peut-être parce qu’il se déguste avec tous les sens. »
Les souvenirs se savourent
Loin des amalgames avec la convenience food ou la junk food, la comfort food varie selon les cultures, car elle repose sur le lien affectif. Pour Dominique Chan Youn Sen, maquilleuse professionnelle, la langue de bœuf rôtie de sa grand-mère, accompagnée de gratin et de salade lui rappellent de délicieux moments en famille. Aujourd’hui, elle prépare ce plat avec son fils, transmettant les gestes et astuces du chef.
Ridhwaan Nujjoo, graphiste, garde, lui, en mémoire le riz aux lentilles, bœuf sauté, pommes de terre et chatini coco dont sa grand-mère lui a livré le secret. « Récemment, ma mère l’a cuisiné à la perfection. Avant même d’entrer dans la maison, le parfum m’avait transporté. C’est un plat qui me nourrit au-delà de l’assiette, j’y retrouve tout l’amour de ma grand-mère. »
Le rituel compte autant que le plat
Attention : le réconfort ne vient pas seulement des saveurs. Le rituel autour du repas joue aussi un rôle clé. Préparer, partager ou recevoir un plat devient en soi un geste de bien-être ou de bienveillance, souligne la psychologue.
Ariele Poché, Communication Coordinator, en a fait l’expérience : « Après une dure journée de travail, mon compagnon m’avait préparé un bol de boulettes comme je les aime : dans du bouillon avec des carottes et des brèdes tompouce. Sans oublier le piment vert et des gato kravat en dessert ! ». Comme une expression de soutien ou une marque d’affection.
La face sombre de la comfort food
Attention : le réconfort ne vient pas seulement des saveurs. Le rituel autour du repas joue aussi un rôle clé. Préparer, partager ou recevoir un plat devient en soi un geste de bien-être ou de bienveillance, souligne la psychologue.
Ariele Poché, Communication Coordinator, en a fait l’expérience : « Après une dure journée de travail, mon compagnon m’avait préparé un bol de boulettes comme je les aime : dans du bouillon avec des carottes et des brèdes tompouce. Sans oublier le piment vert et des gato kravat en dessert ! ». Comme une expression de soutien ou une marque d’affection.
La face sombre de la comfort food
Si elle apaise et resserre les liens, la comfort food peut aussi devenir une béquille. Lorsqu’elle est consommée systématiquement pour gérer les émotions, elle risque d’affecter la santé physique et mentale. « Le plaisir se transforme alors en automatisme, parfois accompagné de honte, de prise de poids ou d’un sentiment de perte de contrôle », note Naila Baichoo. Dans les cas extrêmes, cette relation à la nourriture peut interférer avec la vie quotidienne.
Savourer en pleine conscience
La comfort food peut donc être un soutien précieux, à condition d’y avoir recours avec modération. Elle nourrit autant le corps que la mémoire et resserre les liens sociaux. Un thé brûlant, un gato pima partagé, un plat transmis de génération en génération… autant de moments d’ancrage qui rechargent nos batteries et nous rappellent que manger, c’est avant tout prendre soin de soi.
Une étude publiée dans Psychology Today explique que la consommation d’aliments riches en glucides, comme le chocolat, stimule la sérotonine, favorisant un sentiment temporaire de calme et de satisfaction. Mais qu’en est-il de ceux qui doivent s’en priver ? Sandhya Ramsewak, Senior Educator, a dû s’éloigner de sa comfort food préférée, les feuilletés à la crème végétariens, pour garder le contrôle sur son cholestérol. « Tout mon vécu m’a permis de pratiquer le détachement autant que possible », confie-t-elle, même si elle se permet encore ce doux péché mignon quelques fois
par an.
Diane Desmarais, nutritionniste, passe en revue l’apport nutritionnel de ces délices.
« J’aime beaucoup l’idée d’une comfort food (ou repas libre) par semaine, si on en ressent le besoin, et toujours en quantité raisonnable. Cela permet de soutenir nos efforts vers une alimentation saine sur le long terme, sachant qu’on a droit à un moment de relâchement dans une société où on reçoit de la pression de tous côtés. C’est une technique souvent efficace pour mieux gérer l’emotional eating et les cravings ! »
Mine frit au poulet
+ Source d’énergie
- C’est un plat trop riche en féculents et en gras. Comme il ne contient pas assez de légumes ni de protéines, ce n’est pas un plat équilibré en soi.
Langue de bœuf, gratin et salade
+ Plat équilibré en protéines et légumes
- Consommer la viande rouge en modération (bœuf, agneau, mouton, cerf…).
Boulettes, bouillon et légumes frais
+ Un plat léger, assez équilibré même s’il faudrait plus de protéines.
- Attention à ne pas trop en manger : cela reviendrait à consommer trop de sel (et de MSG).
Riz, bœuf sauté, lentilles, pommes de terre et chatini coco
+ Plat varié, assez équilibré
- Le riz et la pomme de terre sont deux féculents, il faudrait idéalement consommer l’un ou l’autre pour avoir un plat équilibré.
Feuilleté à la crème
+ Purement du comfort food
- C’est un plaisir occasionnel, sans apport nutritionnel intéressant. Attention à la teneur en sucre et en gras.
Diane Desmarais, nutritionniste, passe en revue l’apport nutritionnel de ces délices.
« J’aime beaucoup l’idée d’une comfort food (ou repas libre) par semaine, si on en ressent le besoin, et toujours en quantité raisonnable. Cela permet de soutenir nos efforts vers une alimentation saine sur le long terme, sachant qu’on a droit à un moment de relâchement dans une société où on reçoit de la pression de tous côtés. C’est une technique souvent efficace pour mieux gérer l’emotional eating et les cravings ! »