À l’âge de 9 ans, ce Mauricien est placé sous la tutelle de sa grande sœur et doit quitter l’île natale pour aller vivre chez elle, en France, en banlieue parisienne. Évoluer dans cet environnement n’est pas un long fleuve tranquille. Mais il réussit à s’y faire petit à petit malgré les difficultés. Quand il a 17 ans, il se lie d’amitié avec une voisine d’un certain âge, qu’il considère comme sa grand- mère adoptive et, avec qui, il passe beaucoup de temps. Celle-ci, très bonne cuisinière, éduque son palais à la fine gastronomie française.
Lorsque Reza atteint la majorité, il fait ses premiers pas dans une cuisine de restaurant en tant que stagiaire : il s’occupe de la plonge, du nettoyage et se retrouve à aider quelquefois en cuisine. Pendant toute une saison, il travaille dur et se fait remarquer par le chef Martial qui lui donne sa chance en tant que commis à la deuxième saison. Celui-ci enseigne à Reza, l’art de la finesse culinaire et le travail délicat du taillage des aliments. D’autres chefs le succèdent aux saisons suivantes et transmettent au jeune commis leur savoir-faire : le chef Didier lui inculque la discipline en cuisine ainsi que les secrets pour préparer une bonne sauce et le chef Éric lui apprend à composer les assiettes.
En 1997, à l’âge de 23 ans, Reza décide de faire un petit séjour à Maurice. Or l’amour le fait déposer définitivement ses valises dans son pays natal. La même année, il rejoint les cuisines de l’hôtel Merville comme stagiaire, mais y reste que trois mois car le style culinaire ne lui correspond pas. Il se fait ensuite recruter au Sofitel au même poste, se fait remarquer par le chef pour ses compétences et il est très vite promu comme commis.
Entre temps, le Labourdonnais Waterfront Hotel qui vient d’ouvrir, fait l’objet de toutes les attentions dans les médias et attirent le regard de Reza. Il n’a plus qu’une envie : rejoindre la brigade pour travailler avec les chefs de renom qui s’y trouvent et participer à l’élaboration de mets d’une grande finesse avec des produits de grande qualité. Il envoie une candidature spontanée au Labourdonnais Waterfront Hotel et obtient le poste de chef de partie en 1998. Quelques années plus tard, il devient sous-chef et a la chance de travailler avec le célèbre chef Nizam Peeroo qu’il considère comme son mentor. Après plusieurs années de dur labeur, de côtoiement avec la cuisine du monde et l’excellence, Reza ressent le besoin de prendre son envol. Il quitte son poste et décide de lancer sa propre affaire.
Chef accompli, Reza, donne naissance à Kolopizo en 2004 à la rue Sir Abdool Razack Mohamed dans le quartier de Plaine Verte à Port Louis. Sa devise : offrir un bel accueil, un bon service et une cuisine de qualité avec des produits frais. À ses débuts, il y propose des crêpes bretonnes sucrées, mais se retrouve obligé de fermer les lieux peu de temps après, en raison de problèmes personnels. Loin de se décourager, il va vendre ses crêpes dans la rue et dans les marchés des alentours.
Mais heureusement tout s’arrange. Reza Peerbocus reprend son activité dans son local de départ et diversifie son offre avec de fabuleuses pâtisseries. En 2021, la carte s’agrémente de menus salés avec une cuisine d’ici et d’ailleurs pour tous les goûts. L’emplacement n’étant pas approprié pour faire asseoir ses clients, le chef décide de trouver un autre lieu.
Reza Peerbocus a ouvert récemment un restaurant à proximité de la rue Ambroise à Plaine Verte avec 35 couverts. Il y propose un menu composé de plats variés et raffinés, inspirés des quatre coins du monde. Mais il n’a pas pour autant fermé le premier Kolopizo qui est revenu à ses premières amours : les crêpes et la bonne pâtisserie.
La suite du parcours culinaire du chef Reza Peerbocus s’annonce prometteur. Et l’avenir de Kolopizo est assuré. Sa fille, diplômée d’une école hôtelière, lui prête mains fortes depuis peu en cuisine.